Le GEMVI dans les congrès

La ménopause en 2009 : Actualités

Session du 11 décembre 2009

Depuis la publication des résultats de l'étude WHI, l'utilisation du traitement hormonal de ménopause (THM) a largement diminué, parfois au delà même de toute rationalité.
La principale raison est la mise en évidence d'une balance bénéfice/risque défavorable, notamment du fait d'une majoration des accidents cardio-vasculaires et du risque de cancer du sein, ce dernier élément le plus médiatisé, étant pour beaucoup de femmes (mais également pour beaucoup de médecins), la principale raison du refus du THM.

Il apparaît actuellement de plus en plus probable qu'elle soit la conséquence d'un traitement administré tardivement après le début de la ménopause et chez des femmes trop âgées, potentiellement déjà à risque cardio-vasculaire majoré.
Il s'en est ainsi dégagé la notion d'une « fenêtre d'intervention » du THM, le risque coronarien n'apparaissant pas majoré lorsque le traitement était initié dans les 10 premières années de la phase post-ménopausique chez une femme sans facteur de risque majeur. Néanmoins ce concept semble ne pas devoir s'appliquer au risque de cancer du sein attribuable au THM.

Au cours de cette dernière année, les investigateurs de l'étude E3N nous ont apporté des informations complémentaires sur les relations entre THM et cancer du sein en fonction du moment de l'initiation du THM et sur celles entre THM et cancer de l'endomètre.
L'année 2009 a également été marquée par la poursuite du débat sur les relations entre baisse du THM et réduction de l'incidence des cancers du sein qui est observée dans différents pays européens, comme aux USA au cours de ces dernières années.


1 – Y-a-t-il une fenêtre d'intervention du THM pour le risque de cancer du sein ?

Rappelons que dans l'étude WHI, cette notion de « fenêtre d'intervention » qui s'applique au risque coronarien du THM n'a pas été retrouvée avec au contraire pour le sein, une image en miroir (Prentice RL, 2009).
Dans l'étude E3N (Fournier A, 2009), ce risque de cancer apparaît également variable selon le moment d'initiation du traitement par rapport à la ménopause, bien qu'avant tout fonction du type de THM utilisé.

Pour cette analyse, les auteurs ont retenu 1 726 cancer du sein au cours d'un suivi de 8,1années représentant 433 647 personnes /années.

- Lorsque seules les utilisatrices récentes d'un THM étaient prises en compte (sans préjuger du type de THM) (Diapositive 1), le risque de cancer du sein associé au THM était de 1,61 [IC 95% : 1,43-1,81] lorsque celui-ci était débuté dans les 3 premières années post-ménopausiques, ce qui n'était pas significativement différent du risque de cancer observé lorsque le THM était débuté après 3 ans de ménopause (HR = 1,35 [1,13-1,63], p=0,07).


2 – THM et risque de cancer de l'endomètre :

Dans l'étude E3N et contrairement aux résultats pour le sein, un THM associant estradiol et progestérone naturelle entraine une augmentation du risque de cancer de l'endomètre (HR = 1,80 [95% IC 1,22-2,68]).
Ces résultats (non encore publiés et présenté lors du Congrès de l'EMAS en mai 2009, Chabbert-Buffet N et al) ne sont pas retrouvés pour les schémas thérapeutiques basés sur un autre progestatif que la progestérone naturelle, qu'il s'agisse de la dydrogestérone (HR = 0,77 [0,42-1,40]) ou des progestatifs pregnanes ou norpregnanes (HR = 0,78 [0,50-1,22]).

Il faut néanmoins noter que l'incidence du cancer de l'endomètre étant très inférieure au cancer du sein, le risque absolu associé à la progestérone naturelle était de 3 cas de cancers de l'endomètre supplémentaire pour 10 000 AF (7 pour 10 000 AF vs 4 pour 10 000 AF).

Il parait donc nécessaire de rappeler aux prescripteurs (Diapositive 2):
- la nécessité d'une prise de 200 mg/j de progestérone naturelle pendant au moins 12 jours par mois pour les schémas séquentiels;
- de les encourager à en expliquer aux patientes le pourquoi et de les inciter à un suivi échographique endométrial après 5 ans de THM (comme avec tous les traitements séquentiels ?);
- de ne pas hésiter, en cas de doute clinique, sur la nécessité d'une certitude histologique par biopsie dirigée par une imagerie endocavitaire informative.
Ce suivi apparaît d'autant plus nécessaire qu'il existe des facteurs de risque de cancer de l'endomètre, comme l'obésité. Ce suivi de sécurité après 5 ans pourrait être également proposé avec la progestérone naturelle dans les schémas combinés en attendant d'y voir plus clair …


3 – La baisse des THMs explique-t-elle la diminution de l'incidence des cancers du sein observée depuis 2005 ?

La mise en évidence au cours de ces dernières années, dans plusieurs pays européens, comme aux USA (Diapositive 3), d'une baisse de l'incidence des cancers du sein à conduit à soulever l'hypothèse d'une relation de cause à effet entre arrêt du traitement hormonal de ménopause et baisse du cancer du sein. Celle-ci ne pouvant être à ce jour formellement affirmée, cela a suscité de nombreux débats, parfois passionnés…

Pour un compte-rendu complet et pour en savoir plus sur ses différentes questions, cliquer sur : Actualités 2009


Florence Trémollieres (Toulouse)
Pour en savoir plus >>
Accueil / Le GEMVI dans les congrès
Présentation Le congrès annuel du GEMVI Le GEMVI dans les congrès Liens utiles Fiche patiente ménopause et THM

Pour un accès illimité à la totalité du contenu du site : actualités, synthèses d’articles, analyses de cas clinique et plus encore...

Rejoignez le GEMVI

Secrétariat

Centre de Ménopause
Hôpital Paule de Viguier
31500 Toulouse

Téléphone

05 67 77 11 85

E-mail



Adhérents Grand Public
Dernière mise à jour : 11-12-2009
Mentions légales

Ce site respecte les principes de la charte HONcode de HON Ce site respecte les principes de la charte HONcode. Vérifiez ici.
attention Ce site est le site officiel du GEMVI
Le GEMVI dégage donc toute responsabilité concernant les liens créés par d'autres sites vers celui-ci. L'existence de tels liens ne peut permettre d'induire que le GEMVI cautionne ces sites ou qu'il en approuve le contenu.
informations Les informations fournies sur www.gemvi.org sont destinées à améliorer, non à remplacer, la relation directe entre le patient (ou visiteur du site) et les professionnels de santé.

Ce site est destiné à la fois aux professionnels de santé et au grand public intéressés par les problèmes soulevés par la ménopause et le vieillissement hormonal.