Le GEMVI dans les congrès

Table ronde. Ménopause, vieillissement et sexualité

Session du 21 novembre 2014

Actualités du traitement pharmacologique des troubles du désir et du plaisir chez la femme
Dr. Jacques Buvat (Lille)

Résumé prochainement en ligne


Le trouble du désir sexuel hypoactif existe-t-il chez l'homme, Quels médicaments pour l'améliorer ?
Dr. André Corman (Toulouse)

Avant-propos
S'agissant du désir sexuel hypoactif (DSH) chez l'homme, la réponse à la question posée s'avère difficile compte tenu de la complexité de la clinique du désir. Cependant, aussi bien notre pratique clinique que de nombreuses études épidémiologiques montre une augmentation de cette dysfonction sexuelle frappant les patients eux même et retentissant cruellement sur le couple. Dans cette communication, l'auteur fait le point sur cette pathologie et esquisse une démarche de prise en charge.

Définir le désir avant de définir ses troubles

La complexité démarre avec la définition du désir et l'auteur montre un florilège de définitions allant de la philosophie (d'Aristote à Platon en passant par Spinoza), à la sexologie et la médecine sexuelle (de Masters à Levine en passant par Kaplan) pour finir par la définition du Trouble du désir sexuel hypoactif

Si l'on s'attarde sur les principaux critères de cette définition du DSM IV, on trouve une absence ou une carence de Fantasmes et Désir d'activité sexuelle, responsables de Souffrance ou de gêne marquée ou de difficultés interpersonnelles. Ces phénomènes ne sont pas le résultat d'une autre pathologie mentale (à l'exception d'une autre DS), d'un facteur chimique (drogue ou médicament) ou d'une pathologie médicale. Autrement dit, Le TDSH correspond au Manque d'Intérêt Sexuel (MIS) essentiel, possiblement lié à d'autres DS ce qui exclurait les MIS par déficit en testostérone ou par hyperprolactinémie, les MIS liés au Syndrome dépressif et les MIS d'origine iatrogènes.

Le Manque d'Intérêt Sexuel chez l'homme.
Prévalence dans la population générale et dans la population consultante


L'auteur s'appuie sur deux études, l'une portant sur la population générale (Laumann et al, USA,1999) et l'autre sur une population clinique (Maggi et al, Florence 2013) pour mieux identifier quantitativement et qualitativement le TDSH chez l'homme.

Ceci permet de dégager des occurrences cliniques fondamentales pour la prise en charge :

1) L'interaction avec d'autres dysfonctions cliniques est capitale à étudier : MIS et Dysfonction Erectile, MIS et Ejaculation Prématurée, MIS et Ejaculation Retardée.

2) L'importance du dosage de la testostérone et aussi, de façon systématique, de celui de la prolactine chez les hommes consultant pour MIS.

3) La corrélation avec la diminution du désir de la partenaire est significative dans le MIS.

4) L'utilisation chronique de drogues et de plusieurs médicaments ou classes de médicaments sont impliqués dans la baisse du désir sexuel chez l'homme.

5) La liaison entre état dépressif et MIS est fréquente et intense.

6) La liaison entre utilisation intense de pornographie et MIS est à étudier.

Le Manque d'Intérêt Sexuel chez l'homme
Prise en charge et traitement


1) Il faut confirmer qu'il s'agit bien d'un trouble du désir et non d'un autre trouble sexuel que le patient ne met pas au premier plan alors qu'il s'agit bien du problème de départ. Cette situation est très fréquente en cas de DE

2) Composante organique ou psychique ?
• Le corps : une seule étiologie à rechercher si le patient n'a pas de maladie évolutive ou chronique qui explique son trouble du désir : le déficit androgénique
• L'esprit : anhédonie dépressive, envisager un conflit intra-psychique : immaturité sexuelle (peur des femmes ?), troubles de l'identité sexuelle (homosexualité latente ?) ….

La prescription médicamenteuse découle du bilan clinique.
En cas d'anomalie hormonale :Testostérone, Hypoprolactinémiants : ce sont des agonistes dopaminergiques (Dostinex*, Parlodel*).
En l'absence d'anomalie hormonale: le traitement est étiologique. Par exemple, traitement de la DS accompagnante ou causale. Quant aux médicaments visant à stimuler le désir, beaucoup de travaux effectués chez la femme mais peu sont suffisamment étayés.

Conclusion :
Le trouble du désir est à rechercher derrière tout symptôme sexuel car il peut le déclencher et l'entretenir. Il faut rechercher un déséquilibre hormonal comme une hyperprolactinémie ou une hypo-testostéronémie ou bien penser à dépister un état dépressif masqué nécessitant une relance par antidépresseur avant toute thérapeutique comportementale.
Il faut enfin penser à rechercher s'il ne traduit pas une démotivation de la relation du couple.


Prise en charge globale du couple présentant une dysfonction sexuelle
Dr. Marie-Hélène Colson (Marseille)

Nos représentations de la vieillesse basculent peu à peu devant l'actuelle et formidable poussée démographique des plus de cinquante ans. Les « Seniors » représenteront à l'horizon 2030 plus du tiers de la population occidentale, soutenus par une espérance de vie encore jamais connue à ce jour dans l'histoire de l'humanité.

Les progrès technologiques et médicaux les plus récents voient aussi s'améliorer la qualité du vécu de cette avancée en âge, et les modèles traditionnels de la vieillesse nous apparaissent aujourd'hui bien obsolètes, impropres à nous permettre d'anticiper ce nouvel âge de la vie. D'autres réalités, d'autres impératifs se font jour, et nous obligent à une actualisation de nos modèles et de nos références. Un nouvel espace de vie, et de vie active, s'offre aujourd'hui à nous après le cap des 55 ans, et cela, pour plus du tiers de sa vie.

Il semble de plus en plus évident, que la sexualité, autrefois réservée à l'âge de la fécondité, devient aujourd'hui une aspiration, voire une exigence, de cette dernière tranche de vie.
Les ressources actuelles de la médecine moderne y contribuent largement, offrant un large panorama de solutions palliant efficacement aux insuffisances et aux déficits de l'âge. Antirides, chirurgie esthétique, traitements de l'érection, molécules du désir…, les solutions existent et la médicalisation offre de nouveaux et très concrets espoirs à nos rêves les plus secrets, semblant reculer indéfiniment les limites du possible.

Mais il reste encore à définir une éthique de l'assistance à la sexualité des plus âgés. S'agira t'il de lutter aveuglément contre le vieillissement, et de chercher désespérément à conjurer l'inéluctable ?... ou bien plutôt de construire un nouveau modèle de sexualité, mieux adapté aux contraintes physiologiques progressives du vieillissement ?

Les personnes âgées représentent une large population, mal définie, et notre prise en charge thérapeutique doit être adaptée aux contraintes particulières de chaque tranche d'âge.

- La crise du milieu de vie, entre 55 et 65 ans, est un temps de déprise souvent difficile. Période de la retraite, du départ des enfants du foyer, de l'apparition des premiers signes physiologiques marqueurs du vieillissement, elle est aussi un temps de prise de conscience, de nécessaire actualisation. Le recours au thérapeute pourra aider à la fécondité de ce moment, et de nombreux traitements et conseils peuvent permettre de faciliter ce passage.
- L'âge de senior qui la suit, entre 65 et 85 ans, s'inscrit celui de la redéfinition, de la reconstruction identitaire dans de nouveaux rôles sociaux et sexuels, portés par une image du corps remaniée en profondeur. Sexualité sublimée, abandonnée, décompensée ou surcompensée…, tout s'est joué à l'étape précédente et le thérapeute ne fera qu'accompagner le choix de sexualité résultant de la crise de milieu de vie.
- La grande vieillesse, après 85 ans, est une période difficile pour l'intimité tout autant que pour le sentiment d'identité, tous deux essentiels à la sexualité. La promiscuité y est forte, souvent associée à un sentiment de solitude important. Les soignants ont souvent du mal à conceptualiser que tendresse, plaisir et sexualité peuvent s'accomplir même au grand âge, et ont encore à apprendre à accompagner leurs patients en ce sens.

La sexualité, source de vie, existe tout au long de la vie. Au grand âge comme chez les plus jeunes, elle s'organise au sein d'une dynamique entre rupture et déprise, et recherche de nouveaux investissements.
L'un des écueils les plus importants à dépasser pour conserver son pouvoir de séduction et sa sexualité avec l'âge est en fait l'absence de modèle adéquat pouvant correspondre aux réalités d'aujourd'hui. La manière dont nous vivons les changements de notre corps et de notre vie avec le vieillissement nous installe dans un nouveau choix de vie. Pour certains, cela conduira à l'abandon d'une sexualité jamais vraiment épanouie ou même tout simplement jamais investie. Pour d'autres, enfin libérées des contraintes des âges précédents, cela pourra se transformer en un nouvel âge de la vie, ou il devient possible d'aimer au-delà des apparences .

Face aux dysfonctions sexuelles du couple âgé, nos prises en charge doivent s'adapter à chaque étape de l'avancée en âge. De nouvelles prises en charges sont encore certainement à conceptualiser pour aider nos patients à continuer d'aimer jusqu'au bout de leur âge, dans une sexualité revisitée et sublimée par l'expérience de la maturité.

Directeur d'enseignement DIU de Sexologie
Faculté de Médecine de Marseille


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Jacques Buvat (Lille), André Corman (Toulouse), Marie-Hélène Colson (Marseille)
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Dernière mise à jour : 21-11-2014
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