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Le remboursement du dosage de la vitamine D sous conditions

L’augmentation de plus d’un facteur 10 du nombre de prescriptions du dosage du 25OHD au cours de ces dernières années a généré d’importants coûts de remboursement pour la Caisse nationale de l’assurance maladie des travailleurs salariés (CNAMTS).
Cela l’a conduit à la saisine de la Haute Autorité de Santé (HAS) pour «avis sur le bon usage de la prescription des examens biologiques explorant le statut vitaminique D ».
La HAS a publié son rapport le 30 octobre 2013 (Rapport HAS) accompagné d’un communiqué de presse intitulé « La HAS ne reconnaît pas d’utilité au dosage de vitamine D en routine ».

Suite à ce rapport, l’Union nationale des caisses d’assurance maladie (UNCAM) a décidé le 30 janvier 2014 de réserver la prise en charge du dosage sérique de 25OHD aux seules indications reconnues dans le communiqué de presse de la HAS, c’est-à-dire :
– le diagnostic de rachitisme et d’ostéomalacie,
– les personnes âgées faisant des chutes répétées,
– le suivi ambulatoire de l’adulte transplanté rénal au-delà de 3 mois après transplantation,
– le traitement chirurgical de l’obésité chez l’adulte,
– le respect des RCP des médicaments préconisant cet acte.


L’arrêté vient d’être publié au JO du 14 août 2008 et ces recommandations sont en vigueur depuis la semaine dernière.

Une première réunion de différents experts représentant les société savantes concernées avec la HAS n’a pas permis de modifier les conclusions de l’agence. Sous la direction du Pr. Jean-Claude Souberbielle (Hôpital Necker Enfants Malades, Paris), un groupe d’expert soutenu par la totalité des sociétés savantes et groupes de recherche concernés par les maladies du métabolisme phospho-calcique et osseux vient de publier un Editorial où les auteurs, s’ils acceptent le constat qu’il y a trop de dosages de 25OHD prescrits pour des raisons non validées, « considèrent que les seules conditions de remboursement retenues par l’UNCAM sont insuffisantes et en désaccord avec les recommandations internationales pour la prise en charge de maladies spécifiques, et qu’elles ignorent des indications pour lesquelles le dosage de 25OHD présente une utilité incontestable ».
En particulier, il parait difficile d’interpréter un bilan phospho-calcique, qu’il s’agisse de l’exploration d’une hypocalcémie, d’une hypo- ou d’une hypercalciurie, d’une élévation de la PTH chez un(e) patient(e) normocalcémique ou une PTH basse chez un(e) patient(e) hypercalcémique, sans information sur le statut vitaminique D.

Des actions de sensibilisation et d’information des professionnels de santé, sous l’égide du GRIO notamment, sont actuellement en cours d’élaboration.

Néanmoins, dans l’état actuel des choses et en pratique, il faut préciser sur l’ordonnance (dans le même esprit que pour les examens de densité osseuse par DXA) soit l’indication clinique, soit la mention « conforme HAS » de manière à ce que le dosage soit pris en charge par l’Assurance Maladie. .
Sinon, il est à craindre que les laboratoires fassent systématiquement payer le dosage, ce qui semble être le cas des premiers retours…

Dans tous les cas, tous les experts insistent sur le fait que :
– Il ne faut surtout pas doser le 25OHD chez tout le monde;
– Ce n’est pas parce qu’on ne dose pas qu’il ne faut pas prescrire de vitamine D

La suite au prochain numéro….

Bureau Exécutif du GEMVi – Septembre 2014