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LES TROUBLES DE LA MENOPAUSE    

Toutes les femmes vivent-elles la « même ménopause » ?

NON.
Certaines femmes ne ressentent aucun trouble, ou des bouffées de chaleur très modérées alors que d'autres auront des bouffées de chaleur intenses et fréquentes associées parfois à d'autres signes de la carence estrogénique (voir autres questions).
Pour ces dernières leur vie privée et/ou professionnelle devient difficile. Un traitement hormonal pourra leur redonner une excellente qualité de vie.
Pour celles n'ayant aucun trouble ou des troubles modérés et bien acceptés, la ménopause peut les délivrer de leurs règles, des éventuels symptômes qui les précèdent et/ou de leur peur d'être enceinte et finalement ce nouvel état peut leur permettre une sexualité plus épanouie.
Enfin d'autres vivent ce moment comme un signe global de vieillissement, une perte de la jeunesse ou même de leur féminité. En discuter avec leur conjoint et leurs médecins pourra les aider à aborder leur ménopause de manière plus positive.

Les troubles de la ménopause sont-ils obligatoires ?

NON.
Mais on ne sait pas pourquoi certaines femmes (une minorité) n'en présente absolument aucun, alors que d'autres en ressentiront un ou plusieurs.

Quels sont les troubles de la ménopause appelés aussi « troubles du climatère » ?

- Les bouffées de chaleur, 75 % des femmes connaitront ce désagrément (voir autre question).
- MAIS, il existe de nombreux autres troubles moins connus.
Les femmes ne doivent pas les subir en pensant que « c'est normal »; certains peuvent disparaître grâce au traitement hormonal de la ménopause.

Voici les plus fréquents :
- la sécheresse vaginale, responsable de rapports douloureux (dyspareunie), (voir autre question)
- la fatigue (asthénie) avec perte de tonus; les tâches habituelles deviennent difficiles à réaliser. Cette fatigue physique peut être source d'angoisse, avec peur d'être malade.
- à ne pas confondre avec « la perte du moral ». Il ne s'agit pas d'une dépression (la ménopause n'entraîne pas de dépression chez les femmes non sujettes à ce symptôme), mais plutôt de démotivation, de morosité, ou de tristesse inhabituelle.
- l'insomnie peut être due au manque d'estrogènes, si ce symptôme n'existait pas avant l'arrivée de la ménopause. Elle est à différencier des réveils fréquents dus aux sueurs ou aux bouffées de chaleur. Ne pas dormir expose à la fatigue physique et morale.
- les douleurs articulaires, toutes les articulations peuvent être touchées. Les plus fréquentes sont les épaules, la colonne vertébrale, les genoux, les doigts. Ces douleurs changent sans cesse de localisations. C'est le manque d'estrogènes qui en est responsable (mais non l'ostéoporose). Elles diminuent ou disparaissent même avec le traitement hormonal.
- la sécheresse cutanée

Combien de temps durent les troubles de la ménopause ?

Les symptômes de la ménopause peuvent débuter avant l'arrêt des règles (c'est à dire en périménopause).
Ils peuvent être plus ou moins présents selon les mois.
Habituellement, ils sont maximums dans les mois voire les 2 à 3 premières années qui suivent la ménopause et diminuent progressivement au fil des années.
Il n'y a pas de loi générale et chaque femme a un vécu particulier de la ménopause.

Comment se manifeste une bouffée de chaleur ?

Il s'agit d'une sensation de chaleur intense mais brève (30 secondes à 2 minutes) touchant le plus souvent la face, le cou, le thorax, mais elle peut être ressentie jusqu'aux pieds.
Elle apparaît le plus souvent de manière imprévisible sans signe prémonitoire, mais dans quelques cas elle peut être précédée de vertiges, palpitations, oppression thoracique, angoisse …
Si la perte de chaleur est intense la bouffée peut se terminer par des frissons.
Ces troubles vaso-moteurs sont diurnes et /ou nocturnes provoquant alors de fréquents réveils, responsables d'asthénie.
Quelques facteurs peuvent les favoriser: alcool, excitants, émotion …

Quelles sont les caractéristiques des bouffées de chaleur ?

Leur moment d'apparition, leur fréquence, leur l'intensité et leur durée varient beaucoup d'une femme à l'autre mais aussi pour une même femme au fil du temps.

Moment d'apparition: elles débutent 3 fois sur 4 en périménopause quand les cycles deviennent irréguliers. La coexistence de cycles encore réguliers et de bouffées de chaleur n'est pas exceptionnelle (10 à 20 % des cas). Elles peuvent donc débuter 5, voire 10 ans avant la ménopause.
Elles apparaissent le plus souvent au moment de l'arrêt des règles et dans les 2 ans.

Fréquence : de 1 à 2 par jour, à 1 toutes les heures la journée et parfois, 10 ou plus par nuit.

Intensité : elles sont le plus souvent qualifiées de minimes ou modérées, parfois d'intenses. Elle sont jugées « intolérables » par 10 à 20 % des femmes. Elles peuvent alors constituer une gêne considérable dans la vie professionnelle et privée (certaines femmes doivent changer leurs draps ou leurs vêtements de nuit, ouvrir la fenêtre … ).

Durée : elles persistent en moyenne 4 ans. Mais :
- elles peuvent parfois disparaître en quelques mois;
- ou au contraire, être présentes plus de 5 ans ou même plus de 10 ans après la ménopause;
- 10 % des femmes de 70 ans et plus ont encore des bouffées de chaleur parfois très sévères. Il n'y a pas d'explications à ce jour à ce phénomène.

Quel est le traitement le plus efficace des bouffées de chaleur ?

Le traitement le plus efficace des bouffées de chaleur est le traitement hormonal de ménopause (THM).
Avec une dose d'estrogènes adaptée les bouffées de chaleur, même les plus intenses, disparaissent habituellement en 1 mois environ.
Le THM agit aussi sur les autres symptômes (en particulier sur les troubles du sommeil, la sècheresse vaginale et les douleurs articulaires).
La Haute Autorité de Santé (HAS) reconnaît l'efficacité du THM sur les bouffées de chaleur et les symptômes du climatère.

Existe-t-il d'autres traitements que le THM pour supprimer les bouffées de chaleur ?

OUI.
Pour les bouffées de chaleur peu intenses et /ou lorsque le THM est contre-indiqué.
L'Abufène est le seul médicament, avec le THM, à posséder l'AMM (Autorisation de Mise sur le Marché) pour le traitement des « bouffées vaso-motrices de la ménopause ». Il a cependant été dé-remboursé récemment. Son efficacité est certes modeste, mais parfois suffisante pour soulager certaines femmes.
Prescrit à la dose conseillée de 2-3 comprimés par jour il est très bien toléré.
Certains facteurs favorisants doivent être supprimés : tabac, alcool, surpoids, anxiété (difficile !) et les atmosphères chaudes.
Il ne faut jamais négliger l'hygiène de vie avec en particulier l'exercice physique, la pratique du yoga ou de la relaxation. L'acupuncture peut apporter une aide à certaines femmes.

Et le soja ? est-il efficace ?

Le soja, plus exactement les isoflavones de soja (IF), ont le statut de compléments alimentaires et non celui de médicaments. Ils sont mis sur le marché sans contrôle préalable. Ils n'ont pas à se soumettre à la très rigoureuse AMM (Autorisation de Mise sur le Marché) des médicaments.
Prescrits à la dose de 35 à 135 mg/j, les IF de soja ont une efficacité de 40 à 50 %, soit 10 à 20% environ de plus que celle d'un placebo, mais l'efficacité est très variable d'une femme à l'autre. En effet les bactéries intestinales (qui sont différentes chez chaque femme) doivent transformer les isoflavones de soja en équol, seul composé actif.
La HAS précise que la dose de 1 mg/kg/j ne devrait pas être dépassée.
Le soja n'est pas efficace sur les autres troubles de la ménopause.

Existe-t-il des contre-indications à prendre des isoflavones de soja en gélules ?

OUI.
En France, la HAS les déconseille aux femmes ayant eu un cancer du sein.

Cette contre-indication s'explique car la structure des isoflavones de soja ressemble à celle des estrogènes, interdits chez une femme qui a eu un cancer du sein.

La ménopause fait-elle prendre du poids ?

NON.
Ni la ménopause, ni d'ailleurs le THM, ne favorisent la prise de poids.
En fait, la prise de poids est progressive tout au long de la vie mais s'accentue entre 40 et 55 ans. De ce fait il y a confusion, et beaucoup de femmes rendent la ménopause responsable de ces kilos « en trop ».
Une femme européenne prend environ 10 Kg entre 18 et 55 ans.
En revanche, la carence estrogénique qui caractérise la ménopause induit une localisation préférentielle des graisses au niveau abdominal, ce qui conduit à une modification de la silhouette (d'où l'expression « je prends du ventre »).
Il existe aussi une perte musculaire (c'est la masse maigre). Or, les muscles consomment de l'énergie, la graisse non ! Plus on perd du muscle, plus le métabolisme de base diminue et pour la même consommation alimentaire, le poids augmente.
Cette prise de poids est donc la conséquence d'un déséquilibre entre ce que l'on consomme et ce que l'on dépense : si on absorbe plus de calories qu'on n'en dépense, on grossit.
Pour ne pas prendre de poids il faut adapter son alimentation et surtout entretenir sa masse musculaire par une activité physique continue.

Quel est le retentissement de la ménopause sur la sexualité ?

En théorie, l'arrêt de la sécrétion des estrogènes par les ovaires n'a pas de répercussion directe sur le désir sexuel.
Mais le vécu de cette étape de l'existence (perte définitive de la fertilité, départ des enfants, arrivée de petits enfants, maladie des parents voire leurs décès, problèmes éventuels professionnels et/ou conjugaux avec usure du couple, prise de conscience du vieillissement, sentiment de perte de séduction …) peut évidemment conduire à une baisse d'intérêt sexuel.

L'acte sexuel en revanche peut être pénible pour les femmes qui présentent une sécheresse vaginale qui, elle, est due au manque d'estrogènes. La sécheresse vaginale touche 1 femme sur 2 après la ménopause. Il faut en parler à votre médecin car il existe plusieurs possibilités de traitement.

La sécheresse vaginale est-elle due à l'âge ou à la ménopause ?

C'est le manque d'estrogènes qui provoque la sécheresse vaginale, quel que soit l'âge.
Les femmes, même très jeunes, qui présentent une absence de règles (anorexie mentale ou aménorrhée d'autre origine) ou tout simplement les femmes entrées en périménopause, peuvent ressentir une sécheresse vaginale responsable de dyspareunie (douleurs lors des rapports sexuels) car leur sécrétion d'estrogènes est faible.
La carence estrogénique peut aussi être responsable de certains symptômes urinaires : urgences mictionnelles, cystite ou vraies infections urinaires.
En revanche, l'incontinence urinaire à l'effort répond d'autres mécanismes.

Des démangeaisons vulvaires sont-elles dues à la sécheresse vaginale ?

NON.
Il ne faut en effet pas confondre une sécheresse vaginale avec les démangeaisons génitales du prurit vulvaire. Celui-ci survient en dehors des rapports sexuels mais peut les rendre très douloureux.
Il faut en parler avec votre médecin, car il peut s'agir d'un lichen scléreux de la vulve, maladie dermatologique qui nécessite après diagnostic un traitement adapté et une surveillance au long court.

Comment traiter la sécheresse vaginale ?

Il existe deux types de traitements:
- les traitements locaux non hormonaux : ce sont des lubrifiants hydratants à base d'acide hyaluronique. Ils ne restaurent pas la flore vaginale. Ils sont très utiles au moins chez toutes les femmes qui présentent un cancer estrogéno-dépendant et qui donc ne peuvent bénéficier d'estrogènes.
Ils sont disponibles en pharmacie sans ordonnance. Ils doivent être mis deux ou trois fois par semaine.
Ils diffèrent des lubrifiants utilisés juste avant un rapport sexuel.

- les estrogènes : ils assurent un traitement de fond en agissant sur la flore et la vascularisation de la muqueuse vaginale.
Ils peuvent être pris sous deux formes :
- par voie dit « systémique » c'est tout simplement le THM, si celui-ci est déjà prescrit pour supprimer les bouffées de chaleur.
- par voie locale (ovules ou capsules mises dans le vagin). Les estrogènes par voie locale agissent très bien sur la sécheresse mais aussi sur les troubles urinaires. Ils peuvent donc - soit être associés au THM si celui ci n'est pas assez efficace - ou être prescrist seuls (au rythme de 2 fois par semaine) si le THM n'est pas nécessaire.
Le passage sanguin des estrogènes pris par voie vaginale est très faible. Néanmoins il est déconseillé de les prescrire aux femmes qui ont eu un cancer du sein ou de l'endomètre.
Avec les estrogènes locaux, l'adjonction de progestérone n'est pas nécessaire (même si l'utérus est présent).

Les rides et le vieillissement de la peau sont ils dus aussi à la ménopause ?

NON.
Le vieillissement est un phénomène précoce, continu et progressif.
A la ménopause, il existe une accentuation de la perte en collagènes du derme, et une accentuation chez certaines femmes de la sensation de sécheresse cutanée. Le THM peut faire diminuer cette sensation et freiner la perte en collagène dermique, mais ne peut être envisagé comme une thérapeutique antivieillissement.
Les rides mais aussi les taches cutanées, sont essentiellement dues à l'action nocive des ultraviolets (exposition solaire naturelle et lampes à « bronzer »). Ce vieillissement solaire dit aussi héliodermie n'est ni corrigé ni prévenu par un traitement hormonal.




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Dernière mise à jour : 04-03-2013
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